Entorse latérale de cheville
Entorse de cheville chez le sportif : traitement et reprise à La Garde
L'entorse de cheville est la blessure la plus fréquente chez les sportifs, et celle qui revient le plus. Reprendre sur une date plutôt que sur des critères est l'une des raisons pour lesquelles elle revient.
Relu par Pierre Ibgui, kinésithérapeute D.E., le 18 septembre 2026
- L'entorse de cheville est la blessure la plus fréquente du sportif, et celle qui revient le plus souvent.
- On bouge tôt : l'immobilisation prolongée n'est pas recommandée, et la rééducation active réduit les récidives.
- La reprise se décide sur des tests de force, d'équilibre et de confiance.

Ce que c'est
L'entorse latérale est une lésion des ligaments du côté externe de la cheville, quand le pied bascule vers l'intérieur. C'est la blessure la plus fréquente chez les sportifs, et elle est courante chez tout le monde. On la prend souvent à la légère, à tort : elle revient souvent, une partie des patients garde une cheville instable, et cette instabilité fait baisser l'activité physique et augmente le risque d'arthrose de la cheville plus tard.
On classe les entorses en trois grades, mais ce classement est peu fiable dans les premières heures, quand la douleur et le gonflement gênent l'examen. Les recommandations conseillent d'apprécier la gravité par un examen refait 4 à 5 jours après l'accident. Autrement dit, un bilan à quelques jours en dit plus qu'un bilan le soir même.
Un consensus international va plus loin. Il faut comprendre le mécanisme de l'accident, examiner les os et les ligaments, puis chercher les déficits de force, d'équilibre et de contrôle qui mènent à une cheville instable.
D'où viennent ces chiffres
Fréquence et conséquences à long terme : revue de l'International Ankle Consortium (Gribble, 2016). Examen différé à 4 ou 5 jours : mise à jour de la guideline internationale (Vuurberg, 2018). Consensus ROAST sur l'évaluation clinique (Delahunt, 2018).
Pourquoi ça arrive
Le mécanisme habituel : le pied bascule vers l'intérieur en pleine charge, à la réception d'un saut, sur un sol irrégulier, dans un changement de direction ou au contact d'un adversaire. Des situations où la cheville travaille dans plusieurs directions à la fois, sur un seul appui.
On lit souvent que 70 % des entorses laissent une cheville instable. Ce chiffre demande de la prudence : quand on ne regarde que les premières entorses, on est bien plus bas. Environ quatre patients sur dix se sentent instables à trois mois, un sur six à six mois, moins d'un sur dix à un an. Environ un sur six se refait une entorse dans l'année. L'écart entre ces chiffres tient aux personnes étudiées et à la façon de compter.
Les récidives s'expliquent en partie par ce qu'on ne corrige pas avant la reprise. Les exercices des programmes étudiés sont surtout des mouvements simples, d'avant en arrière. Moins d'un tiers travaillent dans plusieurs directions, et moins d'un sur cinq comporte des sauts. Or les gens se retordent la cheville sur des appuis instables et des réceptions. S'ajoute le moment de la reprise : les auteurs n'ont trouvé aucune étude qui applique des critères pour décider du retour au sport.
D'où viennent ces chiffres
Instabilité après une première entorse : 15 études réunies, 37,9 % à 3 mois, 16,1 % à 6 mois, 8,1 % à 12 mois, récidive chez 15,8 % à un an (Michels, 2022). Contenu des programmes : 177 exercices issus de 14 essais randomisés, 48 % dans le plan sagittal, 31 % multiplanaires, 18 % avec une phase de saut (Wagemans, 2023). Critères de reprise : revue systématique sans étude prospective appliquant réellement des critères (Tassignon, 2019).
Comment on la traite au cabinet
Au début, on fait bouger la cheville plutôt que de l'immobiliser longtemps. Bouger tôt réduit la douleur et le gonflement et améliore la fonction ; l'exercice et la thérapie manuelle aident aussi. Une immobilisation courte peut soulager, mais l'essentiel vient d'un strapping ou d'une attelle associés à des exercices. Une nuance : une synthèse récente ne trouve pas de différence nette entre traitement actif et immobilisation sur la douleur et la fonction. L'immobilisation prolongée reste déconseillée, mais l'écart est moins net qu'on l'entend souvent.
La rééducation active agit sur ce qui compte le plus : elle réduit d'environ 40 % le risque de refaire une entorse dans l'année. On ne sait pas encore quel contenu de programme est le meilleur. Au cabinet, on associe un bilan, de la thérapie manuelle pour la mobilité et la douleur, du renforcement progressif sur le plateau, du travail d'équilibre, puis une réathlétisation avec des critères de reprise.
Quand l'instabilité s'est installée, le travail d'équilibre devient central : il améliore la fonction, la sensation d'instabilité et l'équilibre dynamique. Comparé au renforcement seul, il fait mieux sur la fonction, mais pas sur le reste. Les programmes de plus de quatre semaines donnent de meilleurs résultats, et le bon exercice dépend du déficit constaté. En pratique, on combine équilibre et renforcement.
D'où viennent ces chiffres
Mobilisation précoce : synthèse de 46 revues systématiques, preuves fortes sur la douleur, le gonflement et la fonction, modérées pour l'exercice et la thérapie manuelle (Doherty, 2017). Strapping ou attelle avec exercices : guideline internationale (Vuurberg, 2018). Traitement fonctionnel contre immobilisation : méta-analyse de 10 essais randomisés, 1 133 patients, pas de différence significative (Vilchez-Cavazos, 2025). Récidives : 14 essais randomisés, 2 182 participants, odds ratio 0,60, intervalle de confiance 0,36 à 0,99, qualité des programmes faible à modérée (Wagemans, 2022). Équilibre : 15 essais, 457 participants (Mollà-Casanova, 2021) ; 586 participants, programmes de plus de 4 semaines (Zhang, 2025).
Combien de temps
Après une première entorse, la fonction revient vite au début, puis plus lentement : à peu près 6 sur 10 à six semaines, 9 sur 10 à trois mois, presque tout à six mois. À un an, environ un patient sur huit garde un résultat moyen ou mauvais. Être plus âgé ou avoir un petit arrachement osseux ralentit la récupération.
Les symptômes s'effacent plus lentement qu'on ne l'imagine : la moitié des patients ont encore mal à trois mois, un sur cinq à six mois, moins d'un sur dix à un an. Chez le footballeur professionnel, l'absence moyenne est d'une quinzaine de jours, avec un taux de récidive proche d'un sur six. Ces délais concernent des sportifs suivis tous les jours, ils ne se transposent pas tels quels.
La reprise se décide sur des critères. Un consensus international en retient cinq : la douleur pendant la pratique et le lendemain ; la cheville elle-même (mobilité, force, endurance, puissance) ; ce que ressent le sportif (confiance, sensation de stabilité) ; le contrôle de l'équilibre ; et la performance (sauts, agilité, gestes du sport, capacité à tenir un entraînement complet). Un score chiffré existe aussi : dès deux mois, il repère ceux qui ont peu de chances de retrouver leur niveau à quatre mois. En revanche, aucun facteur ne permet aujourd'hui de prédire de façon fiable qui récupérera bien et qui non.
D'où viennent ces chiffres
100 patients suivis un an après une première entorse : score fonctionnel médian de 62 sur 100 à 6 semaines, 90 à 3 mois, 97 à 6 mois, 100 à 9 mois ; 13 % de résultat moyen ou mauvais à un an (Michels, 2024). Douleur résiduelle : 48,6 % à 3 mois, 21,5 % à 6 mois, 6,7 % à 12 mois (Michels, 2022). Football professionnel : 15 jours d'indisponibilité moyenne, 17 % de récidive, hétérogénéité considérable (Flore, 2022). Cadre PAASS, consensus de 155 professionnels (Smith, 2021). Score Ankle-GO validé chez 64 patients : moins de 8 points à 2 mois rend peu probable un retour au niveau antérieur à 4 mois (Picot, 2023). Facteurs pronostiques : revue systématique (Thompson, 2017).
Quand consulter
Consultez dans les jours qui suivent l'accident, même si la douleur baisse : la charge, l'appui et le début du travail actif se décident à ce moment-là. Consultez aussi si vous avez déjà eu plusieurs entorses sur la même cheville, si elle se dérobe, ou si une reprise précédente s'est mal passée : un bilan structuré change alors le plus de choses.
Pour la radio, les règles d'Ottawa permettent au médecin de trancher sur des critères simples, sans radiographie systématique. Elles ratent très peu de fractures, au prix de radios qui reviennent souvent normales : c'est voulu. Le médecin ou les urgences les appliquent et décident de l'imagerie ; le cabinet n'en réalise pas.
Certains signes justifient un avis médical sans délai : impossibilité complète de poser le pied, déformation visible, gonflement majeur et immédiat, douleur osseuse précise sur les reliefs de la cheville ou du pied, fièvre ou rougeur. Une entorse qui ne s'améliore pas du tout après plusieurs semaines de prise en charge active mérite aussi d'être réévaluée.
D'où viennent ces chiffres
Règles d'Ottawa : méta-analyse portant sur 8 560 patients de 13 pays, sensibilité 0,91 (intervalle de confiance 0,89 à 0,92), spécificité 0,25 (Gomes, 2022).
Les signes
- Une douleur sur la face externe de la cheville, apparue après un mouvement du pied vers l'intérieur
- Un gonflement qui s'installe dans les heures qui suivent, parfois avec un hématome
- Une gêne à l'appui et à la marche dans les premiers jours
- Une appréhension ou une sensation de dérobement lors des changements d'appui
- Des entorses répétées sur la même cheville
Au cabinet
Cabinet à La Garde, au 655 Chemin des Plantades. Patients de Toulon, La Valette-du-Var, Le Pradet, La Crau, Carqueiranne et Hyères.
Cette page n'est pas un diagnostic. Elle dit ce que les études montrent, en général. Votre situation se juge en consultation, et certains signes relèvent d'abord de votre médecin.
Questions fréquentes
Faut-il faire une radio après une entorse de cheville ?
Pas systématiquement. Le médecin ou les urgences appliquent des critères simples, les règles d'Ottawa, qui ratent très peu de fractures. En contrepartie, beaucoup de radios reviennent normales. La décision leur revient ; le cabinet ne réalise pas d'imagerie.
Combien de temps avant de reprendre le sport ?
Chez les footballeurs professionnels, une quinzaine de jours en moyenne, mais avec un suivi quotidien. Pour les autres, la fonction continue de s'améliorer jusqu'à un an, et un patient sur huit garde un résultat moyen à un an. La décision se prend sur des tests de force, d'équilibre, de performance et de confiance, pas sur un nombre de semaines.
Faut-il immobiliser la cheville ?
Brièvement, si ça soulage. Mais une immobilisation prolongée n'est pas recommandée : les recommandations privilégient un strapping ou une attelle avec des exercices. Une synthèse récente trouve peu de différence entre les deux approches sur la douleur, donc l'important est surtout de commencer à bouger.
Pourquoi je me refais toujours la même entorse ?
Deux raisons reviennent. La reprise se fait le plus souvent sur une date, sans critères. Et les exercices de rééducation restent souvent trop simples, dans une seule direction, alors qu'on se retord la cheville sur des appuis instables, en changeant de direction ou à la réception d'un saut.
Attelle ou exercices de proprioception pour éviter les récidives ?
Les données se contredisent. Un essai a trouvé moins de récidives avec une attelle qu'avec des exercices à la maison ; une synthèse plus récente trouve un effet des exercices d'équilibre et pas d'effet net de l'attelle. Les deux se discutent en consultation, selon votre sport et vos antécédents.
Sources
Relu par Pierre Ibgui le 18 septembre 2026
- 01Evidence review for the 2016 International Ankle Consortium consensus statement on the prevalence, impact and long-term consequences of lateral ankle sprainsGribble PA, Bleakley CM, Caulfield BM, Docherty CL, Fourchet F, Fong DT, Hertel J, Hiller CE, Kaminski TW, McKeon PO, Refshauge KM, Verhagen EA, Vicenzino BT, Wikstrom EA, Delahunt E. British Journal of Sports Medicine, 2016.
- 02Clinical assessment of acute lateral ankle sprain injuries (ROAST): 2019 consensus statement and recommendations of the International Ankle ConsortiumDelahunt E, Bleakley CM, Bossard DS, Caulfield BM, Docherty CL, Doherty C, Fourchet F, Fong DT, Hertel J, Hiller CE, Kaminski TW, McKeon PO, Refshauge KM, Remus A, Verhagen E, Vicenzino BT, Wikstrom EA, Gribble PA. British Journal of Sports Medicine, 2018.
- 03Diagnosis, treatment and prevention of ankle sprains: update of an evidence-based clinical guidelineVuurberg G, Hoorntje A, Wink LM, van der Doelen BFW, van den Bekerom MP, Dekker R, van Dijk CN, Krips R, Loogman MCM, Ridderikhof ML, Smithuis FF, Stufkens SAS, Verhagen EALM, de Bie RA, Kerkhoffs GMMJ. British Journal of Sports Medicine, 2018.
- 04Diagnostic accuracy of the Ottawa ankle rule to exclude fractures in acute ankle injuries in adults: a systematic review and meta-analysisGomes YE, Chau M, Banwell HA, Causby RS. BMC Musculoskeletal Disorders, 2022.
- 05Treatment and prevention of acute and recurrent ankle sprain: an overview of systematic reviews with meta-analysisDoherty C, Bleakley C, Delahunt E, Holden S. British Journal of Sports Medicine, 2017.
- 06Functional treatment versus immobilization for the management of acute ankle sprains: a systematic review and meta-analysisVilchez-Cavazos F, Quiroga-Garza A, Acosta-Olivo CA, Rodríguez-Corpus LA, Espinosa-Uribe AG, Peña-Martínez VM, Simental-Mendía M. Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2025.
- 07Exercise-based rehabilitation reduces reinjury following acute lateral ankle sprain: a systematic review update with meta-analysisWagemans J, Bleakley C, Taeymans J, Schurz AP, Kuppens K, Baur H, Vissers D. PLoS ONE, 2022.
- 08Rehabilitation strategies for lateral ankle sprain do not reflect established mechanisms of re-injury: a systematic reviewWagemans J, Bleakley C, Taeymans J, Kuppens K, Schurz AP, Baur H, Vissers D. Physical Therapy in Sport, 2023.
- 09Effectiveness of exercise therapy on chronic ankle instability: a meta-analysisZhang C, Luo Z, Wu D, Fei J, Xie T, Su M. Scientific Reports, 2025.
- 10Effects of balance training on functionality, ankle instability, and dynamic balance outcomes in people with chronic ankle instability: systematic review and meta-analysisMollà-Casanova S, Inglés M, Serra-Añó P. Clinical Rehabilitation, 2021.
- 11Criteria-based return to sport decision-making following lateral ankle sprain injury: a systematic review and narrative synthesisTassignon B, Verschueren J, Delahunt E, Smith M, Vicenzino B, Verhagen E, Meeusen R. Sports Medicine, 2019.
- 12Return to sport decisions after an acute lateral ankle sprain injury: introducing the PAASS framework, an international multidisciplinary consensusSmith MD, Vicenzino B, Bahr R, Bandholm T, Cooke R, De Michelis Mendonça L, Fourchet F, Glasgow P, Gribble PA, Herrington L, Hiller CE, Lee SY, Macaluso A, Meeusen R, Owoeye OBA, Reid D, Tassignon B, Terada M, Thorborg K, Verhagen E, Verschueren J, Wang D, Whiteley R, Wikstrom EA, Delahunt E. British Journal of Sports Medicine, 2021.
- 13Development and validation of the Ankle-GO score for discriminating and predicting return-to-sport outcomes after lateral ankle sprainPicot B, Lopes R, Rauline G, Fourchet F, Hardy A. Sports Health, 2023.
- 14The effectiveness of proprioceptive training in preventing ankle sprains in sporting populations: a systematic review and meta-analysisSchiftan GS, Ross LA, Hahne AJ. Journal of Science and Medicine in Sport, 2015.
- 15Preventive interventions for lateral ankle sprains: a systematic review and meta-analysisWang F, Guan Y, Bamber Z, Cao X, Qi Q, Niu W, Chen B. Clinical Rehabilitation, 2023.
- 16Bracing superior to neuromuscular training for the prevention of self-reported recurrent ankle sprains: a three-arm randomised controlled trialJanssen KW, van Mechelen W, Verhagen EALM. British Journal of Sports Medicine, 2014.
- 17The presence of persistent symptoms 12 months following a first lateral ankle sprain: a systematic review and meta-analysisMichels F, Wastyn H, Pottel H, Stockmans F, Vereecke E, Matricali G. Foot and Ankle Surgery, 2022.
- 18The evolution of patient-reported outcome measures after a first lateral ankle sprain: a prospective studyMichels F, Dewyn T, Bogaerts K, De Waele C, Hamers D. Foot and Ankle Surgery, 2024.
- 19Time-loss and recurrence of lateral ligament ankle sprains in male elite football: a systematic review and meta-analysisFlore Z, Hambly K, De Coninck K, Welsch G. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 2022.
- 20Prognostic factors for recovery following acute lateral ankle ligament sprain: a systematic reviewThompson JY, Byrne C, Williams MA, Keene DJ, Schlussel MM, Lamb SE. BMC Musculoskeletal Disorders, 2017.
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