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Tendinopathie du tendon calcanéen

Tendinopathie d'Achille chez le sportif : la traiter à La Garde

La tendinopathie d'Achille se reconnaît à une douleur et une raideur au réveil, qui s'atténuent après quelques minutes de marche. Elle se traite en faisant travailler le tendon, progressivement. Le repos complet n'y suffit pas.

Relu par Pierre Ibgui, kinésithérapeute D.E., le 18 septembre 2026

  • La tendinopathie d'Achille se traite par une mise en charge progressive du tendon ; le repos complet ne la guérit pas.
  • L'amélioration commence vers deux semaines et se juge à trois mois.
  • L'image du tendon ne suit pas la douleur : on peut aller bien avec un tendon encore épaissi.
Prise en charge de la tendinopathie d'achille au cabinet P2M Kiné à La Garde

Ce que c'est

La tendinopathie d'Achille est une douleur du tendon qui apparaît quand on lui demande plus que ce qu'il tolère. Deux endroits sont à distinguer, parce qu'ils ne réagissent pas de la même façon aux traitements : le corps du tendon, quelques centimètres au-dessus du talon, et l'insertion, là où le tendon s'attache sur l'os du talon.

Cette distinction compte aussi pour ce qu'on sait. Presque toutes les études portent sur le corps du tendon. Pour l'atteinte de l'insertion, les données sont bien plus minces, et les conseils reposent sur moins de preuves.

Le diagnostic se fait à l'examen, sans imagerie, et l'aspect du tendon à l'échographie ne suit pas la douleur. Dans la plupart des études, les patients allaient mieux sans que l'image change. La douleur commence même à baisser dès la deuxième semaine de rééducation, bien avant que le tendon lui-même ait pu se transformer.

D'où viennent ces chiffres

Revue en réseau de 29 essais randomisés et 42 traitements : 86 % des essais portent sur le corps du tendon, aucune analyse en réseau possible pour l'insertion (van der Vlist, 2021). Absence de lien entre l'amélioration clinique et l'amélioration de l'image dans la majorité des études analysées, y compris de bonne qualité (sources en bas de page). Amélioration de la douleur et de la fonction dès la deuxième semaine de mise en charge (Murphy, 2018).

Pourquoi ça arrive

Presque toujours, le tendon a reçu plus qu'il ne pouvait encaisser : reprise après une coupure, hausse du volume, ajout de côtes ou de fractionné, nouvelles chaussures. Chez les coureurs, environ un sur vingt déclare une tendinopathie d'Achille dans l'année.

Un résultat surprend. Chez ces coureurs, ceux qui couraient le plus avant la blessure avaient moins de risque de garder des symptômes un an après. Le problème est donc l'écart entre ce qu'on demande au tendon et ce qu'il a appris à supporter, plus que le volume lui-même.

Le repos complet ne règle donc rien. Sans traitement, une tendinopathie d'Achille ne guérit pas en trois ou quatre mois. Et pendant l'arrêt, le tendon perd de la capacité : à la reprise, il est encore moins préparé qu'avant. Pour le corps du tendon, tous les traitements actifs font mieux que l'attente à trois mois.

D'où viennent ces chiffres

Cohorte de 1 929 coureurs : 5 % de tendinopathie d'Achille d'apparition récente ; un volume hebdomadaire plus élevé avant les symptômes était associé à moins de symptômes persistants à un an ; tendance non significative pour les troubles métaboliques (Lagas, 2020). Évolution spontanée : pas de résolution complète en 12 à 16 semaines pour les tendinopathies d'Achille, patellaires et du coude (Garzón, 2024). Attentisme déconseillé pour le corps du tendon, tous les traitements actifs semblant supérieurs à 3 mois (van der Vlist, 2021).

Comment on la traite au cabinet

Le traitement de première intention est de faire travailler le tendon, progressivement. Les exercices de renforcement du mollet réduisent la douleur et améliorent la fonction. Aucun traitement actif ne fait clairement mieux qu'un autre, ni à trois mois ni à un an. Le plus raisonnable est donc de commencer par ces exercices : simples, peu coûteux, sans effet indésirable notable. Les recommandations écartent les semelles orthopédiques, et une attelle de nuit n'apporte rien de plus.

Deux programmes servent de référence. Le premier, très codifié : douze semaines, trois séries de quinze descentes de talon deux fois par jour, genou tendu puis fléchi, en ajoutant du poids quand ça ne fait plus mal. Le second, plus souple : des exercices de montée et de descente sur la pointe, une fois par jour, par étapes. Comparés directement, ils donnent le même résultat à un an. Aucun protocole n'est supérieur aux autres.

Pas besoin de faire les 180 répétitions par jour du protocole d'origine, et une douleur modérée pendant l'exercice n'est pas un problème. Un programme fait selon la tolérance ne donne pas de moins bons résultats à six semaines. Surtout, continuer à courir n'aggrave rien, à condition de surveiller la douleur : des patients qui ont poursuivi la course et les sauts avec un repère de douleur ont fait aussi bien que ceux mis au repos six semaines. Au cabinet, on fixe donc avec vous un niveau de douleur acceptable pendant et après la séance, plutôt que d'arrêter. Pour l'insertion, les données sont trop faibles pour recommander un traitement plutôt qu'un autre.

D'où viennent ces chiffres

Exercice excentrique : revue de 22 études et 1 137 participants, niveau de preuve modéré, semelles non recommandées, attelle de nuit déconseillée en ajout (Wilson, 2018). Pas de différence cliniquement pertinente entre traitements actifs à 3 et 12 mois (van der Vlist, 2021). Protocole d'Alfredson contre Silbernagel : essai randomisé chez 40 sportifs de loisir, scores de 61 à 89 et de 60 à 83 à un an, 77 % contre 50 % de patients se disant améliorés (Habets, 2021). Volume selon tolérance : essai randomisé, pas de différence à 6 semaines, dégradation transitoire à 3 semaines dans le groupe standard (Stevens, 2014). Poursuite de la course avec un modèle de surveillance de la douleur : essai randomisé, aucun effet négatif, amélioration des deux groupes à 12 mois (Silbernagel, 2007). Insertion : revue en réseau de 9 essais, confiance très faible (Ko, 2023).

Combien de temps

L'amélioration commence dès la deuxième semaine d'exercices et atteint un palier vers la douzième. Trois mois est donc le bon moment pour juger un programme.

Au-delà, une partie des symptômes persiste. Cinq ans après un programme d'exercices, les patients vont nettement mieux, mais quatre sur dix seulement n'ont plus aucune douleur, et près de la moitié ont eu d'autres traitements entre-temps. Dix ans après, un patient sur cinq a encore des symptômes. Chez les coureurs, un sur trois en garde un an après le début.

Pour ceux qui consultent tard, l'ancienneté des symptômes ne condamne pas. Des patients qui avaient mal depuis deux semaines et d'autres depuis plus de vingt ans ont suivi le même programme de seize semaines. Tous se sont améliorés, sans différence entre eux.

D'où viennent ces chiffres

31 cohortes réunies : amélioration dès la deuxième semaine, pic vers la douzième, gain moyen de 21 points sur le score VISA-A (Murphy, 2018). Suivi à 5 ans du programme d'Alfredson : score de 49 à 84, 40 % de patients totalement indolores, près de la moitié ayant reçu d'autres traitements (van der Plas, 2012). Suivi à 10 ans : 19 % de patients encore symptomatiques ; parmi les patients restés actifs, 42 % ont repris leur sport au niveau antérieur, dont 37 % sans douleur (Lagas, 2022). Coureurs : un tiers de symptômes persistants à un an (Lagas, 2020). Ancienneté : 127 patients, de 2 semaines à plus de 20 ans de symptômes, 16 semaines d'exercices, amélioration de tous les groupes sans différence (Hanlon, 2023).

Quand consulter

Un avis est utile dès que la raideur du matin s'installe sur plusieurs semaines, que la douleur revient à chaque sortie, ou que vous réduisez vos séances pour l'éviter. Le bilan sert à situer l'atteinte, corps du tendon ou insertion, à mesurer la force et l'endurance du mollet, et à construire une progression de charge chiffrée.

Certains signes imposent un avis médical immédiat plutôt qu'une rééducation : une douleur brutale pendant l'effort avec une sensation de coup ou de claquement derrière la cheville, l'impossibilité de se hisser sur la pointe du pied, ou un creux que l'on sent dans le tendon. Ces signes font craindre une rupture. Les études de cette page ne portent pas sur cette situation.

Les ondes de choc et les infiltrations reviennent souvent dans les discussions. Le cabinet ne pratique ni l'une ni l'autre, et les deux relèvent d'une décision médicale. Sur les ondes de choc, les études se contredisent : une synthèse de 2022 y voyait un petit bénéfice en complément des exercices pour le corps du tendon, une synthèse de 2026 ne retrouve pas de bénéfice utile et signale deux ruptures du tendon après ondes de choc focalisées. Pour les infiltrations de corticoïdes, un suivi à dix ans les juge sûres et utiles en complément de l'exercice, avec pourtant trois ruptures tardives, alors qu'une autre synthèse ne leur trouve pas d'avantage à un an. Ces contradictions sont réelles, à discuter avec votre médecin.

D'où viennent ces chiffres

Ondes de choc : revue systématique de 2022, preuve de qualité modérée en complément du renforcement pour le corps du tendon, gain d'environ 10 points VISA-A, pas de bénéfice pour l'insertion (Paantjens, 2022) ; méta-analyse de 2026, 9 essais et 557 patients, pas de bénéfice cliniquement pertinent, deux ruptures rapportées après ondes de choc focalisées (Korakakis, 2026). Infiltrations de corticoïdes : suivi à 10 ans, trois ruptures survenues 5 à 8 ans après (Johannsen, 2018) ; pas d'avantage à ajouter une infiltration à l'exercice à 12 mois (van der Vlist, 2021).

Les signes

  • Une raideur et une douleur du tendon d'Achille au réveil, qui diminuent après quelques minutes de marche
  • Une douleur qui se réveille en début de course et se réinstalle après la séance
  • Une sensibilité à la pression du tendon, parfois un épaississement palpable
  • Une douleur située soit quelques centimètres au-dessus du talon, soit juste à l'attache sur l'os
  • Une apparition après une augmentation de volume, une reprise après coupure, ou un changement de chaussures ou de terrain

Au cabinet

Cabinet à La Garde, au 655 Chemin des Plantades. Patients de Toulon, La Valette-du-Var, Le Pradet, La Crau, Carqueiranne et Hyères.

Cette page n'est pas un diagnostic. Elle dit ce que les études montrent, en général. Votre situation se juge en consultation, et certains signes relèvent d'abord de votre médecin.

Questions fréquentes

Combien de temps pour guérir une tendinopathie d'Achille ?

L'amélioration commence en deux ou trois semaines et se juge à trois mois. Ensuite, comptez en mois : une gêne peut rester longtemps, et une partie des patients garde des symptômes des années après. Le renforcement continue après la fin de la douleur.

Est-ce que je peux continuer à courir ?

Oui, dans la plupart des cas, à condition de surveiller la douleur. Des patients qui ont continué à courir avec un repère de douleur ont fait aussi bien que ceux mis au repos. On définit ensemble un niveau acceptable pendant la séance et le lendemain matin, et on ajuste le volume.

Faut-il faire une échographie ?

Pas pour le diagnostic, qui se fait à l'examen. L'image du tendon ne suit pas la douleur : un tendon encore épaissi peut ne plus faire mal du tout. L'imagerie relève de votre médecin, en général pour écarter autre chose, et le cabinet n'en réalise pas.

Les ondes de choc, ça marche ?

Les études se contredisent. Une synthèse de 2022 y voyait un petit plus en complément des exercices, une synthèse de 2026 ne retrouve pas de bénéfice utile et signale des ruptures du tendon. Le cabinet ne les propose pas, et elles relèvent d'une décision médicale.

Quelle différence entre tendinopathie du corps et de l'insertion ?

Le corps du tendon, c'est quelques centimètres au-dessus du talon ; l'insertion, c'est l'attache sur l'os. Presque toutes les études portent sur le corps du tendon, donc on sait moins de choses sur l'insertion. Un suivi à dix ans n'a pourtant pas trouvé de différence de résultat entre les deux.

Sources

Relu par Pierre Ibgui le 18 septembre 2026

  1. 01Which treatment is most effective for patients with Achilles tendinopathy? A living systematic review with network meta-analysis of 29 randomised controlled trialsvan der Vlist AC, Winters M, Weir A, Ardern CL, Welton NJ, Caldwell DM, Verhaar JAN, de Vos RJ. British Journal of Sports Medicine, 2021.
  2. 02Exercise, orthoses and splinting for treating Achilles tendinopathy: a systematic review with meta-analysisWilson F, Walshe M, O'Dwyer T, Bennett K, Mockler D, Bleakley C. British Journal of Sports Medicine, 2018.
  3. 03Achilles and patellar tendinopathy loading programmes: a systematic review comparing clinical outcomes and identifying potential mechanisms for effectivenessMalliaras P, Barton CJ, Reeves ND, Langberg H. Sports Medicine, 2013.
  4. 04The efficacy of loading programmes for improving patient-reported outcomes in chronic midportion Achilles tendinopathy: a systematic reviewHead J, Mallows A, Debenham J, Travers MJ, Allen L. Musculoskeletal Care, 2019.
  5. 05Systematic review and meta-analyses of randomized controlled trials comparing exercise loading protocols with passive treatment modalities or other loading protocols for the management of midportion Achilles tendinopathyMaetz R, Dubé MO, Tougas A, Prudhomme F, Dubois B, Roy JS. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2023.
  6. 06Rate of improvement of pain and function in mid-portion Achilles tendinopathy with loading protocols: a systematic review and longitudinal meta-analysisMurphy M, Travers M, Gibson W, Chivers P, Debenham J, Docking S, Rio E. Sports Medicine, 2018.
  7. 07Eccentric exercise training in chronic mid-portion Achilles tendinopathy: a systematic review on different protocolsHabets B, van Cingel REH. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 2015.
  8. 08No difference in clinical effects when comparing Alfredson eccentric and Silbernagel combined concentric-eccentric loading in Achilles tendinopathy: a randomized controlled trialHabets B, van Cingel REH, Backx FJG, van Elten HJ, Zuithoff P, Huisstede BMA. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2021.
  9. 09Effectiveness of the Alfredson protocol compared with a lower repetition-volume protocol for midportion Achilles tendinopathy: a randomized controlled trialStevens M, Tan CW. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2014.
  10. 10Continued sports activity, using a pain-monitoring model, during rehabilitation in patients with Achilles tendinopathy: a randomized controlled studySilbernagel KG, Thomeé R, Eriksson BI, Karlsson J. The American Journal of Sports Medicine, 2007.
  11. 11Effect of symptom duration on injury severity and recovery in patients with Achilles tendinopathyHanlon SL, Scattone Silva R, Honick BJ, Silbernagel KG. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2023.
  12. 12How many runners with new-onset Achilles tendinopathy develop persisting symptoms? A large prospective cohort studyLagas IF, Fokkema T, Bierma-Zeinstra SMA, Verhaar JAN, van Middelkoop M, de Vos RJ. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 2020.
  13. 13One fifth of patients with Achilles tendinopathy have symptoms after 10 years: a prospective cohort studyLagas IF, Tol JL, Weir A, de Jonge S, van Veldhoven PLJ, Bierma-Zeinstra SMA, Verhaar JAN, de Vos RJ. Journal of Sports Sciences, 2022.
  14. 14A 5-year follow-up study of Alfredson's heel-drop exercise programme in chronic midportion Achilles tendinopathyvan der Plas A, de Jonge S, de Vos RJ, van der Heide HJL, Verhaar JAN, Weir A, Tol JL. British Journal of Sports Medicine, 2012.
  15. 15How long does tendinopathy last if left untreated? Natural history of the main tendinopathies affecting the upper and lower limb: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trialsGarzón M, Balasch-Bernat M, Cook C, Ezzatvar Y, Álvarez-Lliso Ó, Dueñas L, Lluch E. Musculoskeletal Science and Practice, 2024.
  16. 16Comparative short-term effectiveness of non-surgical treatments for insertional Achilles tendinopathy: a systematic review and network meta-analysisKo VM, Cao M, Qiu J, Fong ICK, Fu SC, Yung PSH, Ling SKK. BMC Musculoskeletal Disorders, 2023.
  17. 17Extracorporeal shockwave therapy for mid-portion and insertional Achilles tendinopathy: a systematic review of randomized controlled trialsPaantjens MA, Helmhout PH, Backx FJG, van Etten-Jamaludin FS, Bakker EWP. Sports Medicine - Open, 2022.
  18. 18Shockwave therapy for midportion and insertional Achilles tendinopathy: a nail in the coffin? A systematic review with meta-analysisKorakakis V, Kotsifaki R, Sotiralis Y, Malliaras P. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2026.
  19. 19Comparative efficacy and tolerability of nonsurgical therapies for the treatment of midportion Achilles tendinopathy: a systematic review with network meta-analysisRhim HC, Kim MS, Choi S, Tenforde AS. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2020.
  20. 2010-year follow-up after standardised treatment for Achilles tendinopathyJohannsen F, Jensen S, Wetke E. BMJ Open Sport & Exercise Medicine, 2018.

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